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  • Posséder une voiture... Un "luxe" dont les Français pourraient se passer

     

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    Les ventes de voitures ont continué à baisser fortement  en mars 2013 Photo archives AFP

    Alors, démodée, la sacro-sainte voiture ? Peut-être pas tout-à-fait. Mais, d’après un sondage CSA commandé par l’association écologiste  Nature Environnement (FNE), posséder "sa voiture" n’est plus perçu comme un "must" ou un signe de réussite sociale, mais comme un "luxe" dont ils pourraient très bien se séparer pour faire des économies. 

    Les immatriculations ont chuté de 16,4 % en mars par rapport à 2012

    Rien ne va plus sur le  automobile français. Les   immatriculations de voitures neuves ont encore accentué leur chute au mois de mars avec un recul de 16,4% par rapport au même mois de 2012. Cette dégringolade, avec seulement 165.224 voitures vendues, touche de plein fouet les Françaises. En revanche, signe des temps, le nombre de voitures électriques vendues en France a doublé au premier trimestre sur un an, à 2.248 unités, avec l'arrivée de nouveaux modèles,  même s'il reste très modeste. Il ne représente encore que 0,5% des 433.297 automobiles immatriculées dans l'Hexagone sur la même période...
     
     
     

    La voiture  : le deuxième poste budgétaire du foyer

    Il faut reconnaître avec la FNE, qu'"entre le contrôle technique, les assurances, l’entretien et le péage, les coûts associés à l’utilisation d’un véhicule explosent, [la voiture] est désormais le deuxième poste budgétaire du foyer, juste derrière le , et devant l’alimentation." 49 % des Français jugent ainsi leur budget voiture " trop élevé ".  Interrogé sur ce sondage par le Parisien, du 4 avril, le délégué général de l’association 40 Millions d’automobilistes, Pierre Chasseray : "Essentiellement à cause des prix du carburant, l’utilisation d’un véhicule devient aujourd’hui un luxe."

    Moins on roule et plus on dépense

    D’après les données recueillies par l’association  Club, le budget annuel consacré à la voiture a flambé en cinq ans alors même que les Français roulent moins… pour faire des économies. En 2007, le propriétaire d’une 307 HDi 90 ch ayant parcouru 16 564 km consacrait 6 702 € annuels à sa voiture. Avec un modèle équivalent, en 2011, en roulant moins (15 476 km), son budget voiture est passé à 7 654 €. Et cela ne va pas aller en s'arrangeant.

    sondage,automobile,location,autopartage,transports collectifs,pouvoir d'achat,fneUn  Français sur deux tenté par la location de voiture : évolution des mentalités ?

    Si cela leur permet de faire des économies, les Français sont prêts à renoncer à être propriétaires. "C’est vraiment le signe d’un changement de mentalité", analyse Benoît Hartmann le représenant de la FNE. Posséder son véhicule, avec toutes les charges que cela implique, est aujourd’hui vécu par certains Français comme une servitude plus que comme un instrument de liberté ou un signe de position sociale. "Louer, en revanche, c’est redonner à la voiture un simple rôle de service." Tel est bien le credo de Vincent Saint-Martin, un Parisien de 30 ans, qui a créé il y a deux ans le site collaboratif unevoiturealouer.com (photo ci-dessus).

    Dépenser son argent et son temps ailleurs

    Peut-être faut-il voir un manque de moyens, notamment chez les plus jeunes, comme le frein majeur à l'achat de véhicule. Mais pour les urbains, les difficultés du stationnement ajoutées aux embouteillages récurrents, comme à Bordeaux, 2ème ville la plus embouteillée de France, sont des critères qui se rajoutent aux critères économiques et qui font aussi réfléchir. La perte de temps d'un accro à la voiture à Bordeaux, c'est la bagatelle de 96 heures par an, selon la dernière étude Tomtom sur les embouteillages. On peut avoir les moyens d'acheter une, voire deux voitures, mais préférer dépenser son temps et son argent ailleurs...

    Se rapprocher de son lieu de travail, covoiturer, autopartager, prendre les transports en commun...

    Le fait est que les ménages les plus modestes sont ceux qui vivent le plus en périphérie des villes, car les coûts de logement dans les hypercentres ont explosés. Or ce sont les mêmes qui ont besoin de revenir dans les agglomérations où ils travaillent.  La double peine donc, s'ils sont obligés de se déplacer en voiture. La meilleure solution pour économiser du carburant, pour 31 % des Français, serait de déménager et se rapprocher de son lieu de travail. Mais la réponse n'est pas immédiate. Elle doit passer par la lutte contre l'étalement urbain et contre les prix prohibitifs de l'immobilier en centre ville, accompagnée d'une politique de développement du logement social. Plus immédiats : le recours au transports collectifs, train, bus, tramway qu'il faut développer pour répondre aux besoins des usagers. Et au co-voiturage, en plein essor.

    Cathy Lafon

    PLUS D'INFO

    • Le sondage CSA pour FNE réalisé par Internet les 12 et 13 mars auprès d’un échantillon national représentatif de 1012 personnes: cliquer ICI 
    • L'étude de l'ADEME sur les avantages économiques et environnementaux de l’auto partage : cliquer ICI

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  • "Le Beau Mâle" de Jean-Paul Gaultier : la pub qui fait mal aux écolos

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    La publicité du nouveau parfum de Jean-Paul Gaultier, le "Beau Mâle", met en émoi la planète verte des défenseurs de l'environnement et tout particulièrement les écolos qui défendent l'ours polaire, menacé d'extinction, comme chacun le sait. 

    "Le Mâle", le célèbre parfum de Jean Paul Gaultier au flacon très masculin, se refait une jeunesse. Le beau gosse qui pose pour le nouveau parfum, arbore les muscles et tatouages qui vont bien, mais là où ça coince, c'est qu'il est assis sur une dépouille d'ours blanc polaire. Genre chasseur, lascif, certes, mais triomphant.

    publicité,ours polaire,défense,espèce en voie d'extinction,protectionPour les écolos, c'est la boulette. De toute évidence, l'ours en question a tout du gros nounours synthétique.Mais le symbole est là. A l'heure où les ours polaires sont menacés d’extinction par la chasse qui vise en priorité les mâles, mais aussi par la pollution chimique de l’Arctique et le dérèglement climatique, et au moment où la CITES – Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction – vient de refuser l’inscription à l’Annexe I (1) de l’ours polaire, cette publicité reste en travers du gosier des environnementalistes, dont l'association Robin des Bois, plutôt furibarde.

    Au mieux, une maladresse. Au pire, un symbole écologiquement incorrect et démodé

    Le styliste et couturier français Jean-Paul Gaultier n'en a certainement pas eu conscience en choisissant cette mise en scène, mais, d'une certaine manière, il se fait avec cette image le promoteur de la chasse et du commerce international d’animaux menacés d’extinction, en magnifiant "la croyance dans les vertus du charme et de la virilité des parures animales", comme le souligne  Robin des Bois.  C'est en tout cas le reproche que sont en droit de faire les écolos à la pub de ce parfum, qui a surtout un côté archaïque et démodé.

    La vraie boulette, donc. Car pour la fête des pères qui approche à grand pas, quel écolo digne de ce nom, fils, fille, mère, femme ou compagne, mari ou compagnon d'écolo, osera offrir le parfum "Le Beau mâle" ? Quel dommage, il sent si bon...

    Cathy Lafon

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    SUR LE WEB

  • Bordeaux : les navettes fluviales débarquent aujourd'hui sur la Garonne

    batcub.jpg

    "BatCub sur l'eau, la Garonne, la Garonne, BatCub sur l'eau, la Garonne au fil de l'eau..."

    C'est le nouveau refrain que les parents bordelais fredonneront désormais à leurs petits : à partir d'aujourd'hui, pour traverser la Garonne, les habitants de l'agglo bordelaise ont leur service de bateau-bus. Les BatCub du réseau Tbc géré par Keolis, sont prêts à sillonner les eaux du port de la Lune, et au-delà. "Bat" comme "bateau", et "Cub", comme la Cub, la Communauté urbaine de Bordeaux, maman de cette nouvelle forme d'éco-mobilité.

     

    Des navettes fluviales écolos et avant-gardistes

    Deux catamarans écolos, baptisés l'"Hirondelle" et la "Gondole" en référence au passé bordelais et aux navettes fluviales supprimées en 1947, débarquent sur la Garonne pour offrir un nouveau mode de franchissement doux aux habitants de l'agglo. Et aussi aux touristes, de plus en plus nombreux. Des bateaux qui n'ont rien de passéistes, mais sont au contraire avant-gardistes, tant leur conception est conforme au développement durable. 

    port bordeaux navettes cub.jpgUne longue histoire

    En 1875, vingt-deux bateaux de trois compagnies différentes sillonnent en tous sens  la Garonne et transportent 3,2 millions de passagers. La première compagnie avec bateaux à vapeur, est inaugurée en 1866 : "La Société des Hirondelles". Elle est suivie de "La Société anonyme des gondoles", rejointe par celles des "Abeilles". En 1901, elles fusionnent pour ne former plus qu'une seule compagnie : le port de Bordeaux à l'époque (photo ci-dessus) a tout de celui d'Istanbul... L'arrivée de l'automobile, puis celle du tramway électrique et des bus auront raison des navettes fluviales bordelaises. En 1938, elles ne transportent plus que 600.000 passagers par an.  Elles seront supprimées définitivement en 1947.

    dorthe.jpgLa longue renaissance des navettes fluviales

    Quarante-huit ans plus tard, en 1995, lors de travaux de soutennement interdisant à la circulation le pont de pierre, un système de bateau-bus est mis en place avec la péniche "Burdigala" pour permettre le franchissement de la Garonne. Il connaît un grand succès. Sous l'impulsion de l'élu socialiste bordelais Philippe Dorthe (photo ci-dessus) qui milite depuis des années pour une renaissance du fleuve comme axe de transport, une navette est remise en circulation entre 2003 et 2005 de Lormont au quai Richelieu. Insuffisamment reliée aux transports en commun, trop lente et surtout trop coûteuse (la CUB déboursait 16 euros par personne transportée), elle finit par être abandonnée. Les horaires, les fréquences et les trajets de ce bateau-bus ne sont pas adaptés aux besoins des usagers, en outre encore très captifs de la voiture : le tram, supprimé en 1958, n'est revenu à Bordeaux qu'en 2003...

    En 2006, les écazaux.jpgcologistes bordelais présentent à leur tour un projet de navettes fluviales intégré au système de transport en commun bordelais, précurseur de celui de la Cub. Imaginé par Olivier Cazaux  (photo ci-contre), il est présenté à la presse par son auteur et Pierre Hurmic, chef de file des Verts à Bordeaux, à bord de la péniche d'un autre bordelais qui a la passion du fleuve : Denis Gesta.

    navettes fluviales gujan.jpgDes catamarans  fabriqués localement

    Il y avait déjà les navettes fluviales touristiques de Lyon et d'Angers, les bus de mer de et les passeurs électriques de La Rochelle,  les navettes fluviales de Paris les Navibus de Nantes, les bateaux bus de Lorient et les navettes maritimes de Marseille intégrées à son réseau de transport en commun.C'est en beauté que Bordeaux rejoint le club des villes dotées d'un moyen de transport fluvial. Modèles uniques en France, ses navettes fluviales ont été fabriquées localement, par les Chantiers Dubourdieu de Gujan Mestras, une entreprise bicentenaire bien connnue pour ses pinasses et ses élégants bateaux à moteur. D'une longeur de 19 mètres, en aluminium, elles ont la forme du catamaran, pour la stabilité, et bénéficient d'une propulsion hybride série (diesel et électrique), qui fonctionne surtout sur le mode électrique. Les batteries Lithium ion qui les alimentent, d'une durée de vie de huit ans, sont conçues par une autre entreprise locale, Saft.

    batcub affiche 2 mai.jpg45 passagers et 6 vélos

    Vu les forts courants de la Garonne, il fallait pour les navettes fluviales bordelaise de la légèreté, de la puissance et un faible tirant d'eau. Esthétiquement, les BatCub ont une ligne élégante qui rappelle le tramway bordelais, beaucoup de surface vitrée et une coursive pour profiter du beau temps. Chaque navette peut accueillir 45 passagers et six vélos. Intégrés au réseau de transport en commun bordelais avec des arrêts-pontons situés à proximités des stations VCub, tram et/ou bus, les Batcub ont un coût pour les usagers  identique à celui du tram et du bus, et fonctionnent avec  les mêmes cartes d'abonnement.

    Quatre arrêts, trajets directs et cabotage

    Les BatCub comptent quatre arrêts , de Lormont (au pied du pont d'Aquitaine), jusqu'au pont de pierre, au coeur de Bordeaux : Lormont, Hangars (sur les quais, au pied du pont levant Chaban), Jean-Jaurès-Quinconces, près du noeud intermodal bus-tramway, et Yves Parlier-Stalingrad près du pont de pierre (Bastide, rive droite). Deux types de liaisons sont prévues : une longue par cabotage, qui fait tout le trajet de Lormont jusqu'à Stalingrad, avec un départ toutes les 45 minutes. Deux trajets directs et rapides en liaison courte aller-retour : Stalingrad-Quinconces, toutes les 15 minutes et Quinconces-Lormont bas, toutes les 45 minutes.

    batcubp1350977.jpg200.000 voyageurs attendus

    Le succès sera-t-il au rendez-vous des navettes fluviales ? La Cub prévoie une fréquentation de 200.000 voyageurs par an. Les usagers les adopteront seulement si leurs fréquences sont suffisamment rapprochées pour correspondre à leurs besoins, de même que l'emplacement des pontons. L'atout des BatCub, comme dans tout modèle de transport fluvial, réside dans leur souplesse : la Cub a dores et déjà prévu de modifier les horaires et les fréquences s'ils s'avéraient inadaptés aux usagers.

    Premier test convainquant

    transport fluvial,navette,bordeaux,cub,batcub,keolis,tbc,transport en communDix Girondins tirés au sort ont eu la chance de tester la navette le 22 avril dernier, en compagnie du patron de la Cub, Vincent Feltesse (photo ci-contre), arrivé sur son VCub, et de nombreux élus. La mini croisière en BatCub a duré une heure, le temps de faire l'aller-retour entre la place Stalingrad et Lormont, à 20 km/heure. La vue imprenable sur Bordeaux et les quais depuis le fleuve, aussi magnifique qu'inhabituelle, l'impression de vacances et le dépaysement total qui envahissent les passagers dès que le Batcub lève l'ancre... C'est ça, l'effet bateau: l'avant première du BatCub a conquis tout le monde.

    Déjà réconciliée avec son fleuve depuis la rénovation de ses quais, Bordeaux renoue définitivement avec la Garonne en lui redonnant le rôle central d'axe majeur de transport qu'elle avait perdu il y a de cela soixante-six ans, avec la disparition des navettes fluviales. Bon vent aux BatCub !

    Cathy Lafon

    BATCUB MODE D'EMPLOI

    • catamarans respectueux de l'environnement. 
    • 45 places assises, 2 emplacements fauteuils roulants, 6 vélos. 
    • 4 minutes de traversées d'une rive à l'autre.
    • 1,4€ par voyage et inclus dans les abonnements, tarification Tbc.
    • 1 liaison cabotage : Lormont-Hangars-Quinconces-Stalingrad, du lundi au vendredi de 10 h à 16 h, avec 1 départ toutes les 45 minutes. Week-end et jours fériés : de 8 h 30 à 19 h.
    • 2 liaisons directes : Stalingrad-Quinconces du lundi au vendredi de 7 h à 10 h et de 16 h à 19 h, avec 1 départ toutes les 15 minutes. Quinconces - Lormont bas, du lundi au vendredi de 7 h à 10 h et de 16 h à 19 h, avec 1 départ toutes les 45 minutes.

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