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gouvernement - Page 4

  • Pour la première fois depuis 2008, les ventes de pesticides ont reculé en France. Vrai... et faux

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    Traitement phytosanitaire d'un champ de pommiers, dans les Bouches-du-Rhône. Photo archives AFP

    Les ventes de pesticides aux agriculteurs ont reculé de 2,7% en France entre 2014 et 2015, une première baisse depuis le lancement d'un plan gouvernemental Ecophyto en 2008 visant à réduire l'utilisation des produits phytosanitaires de 25% d'ici à 2020, a annoncé le 30 janvier dernier le ministre de l'Agriculture. La nouvelle a été saluée par Stéphane Le Foll, le ministre de l'agriculture lors d'une conférence de presse : "Cette "inversion de la courbe" est "un point que l'on veut poursuivre et conforter".

    Le recours aux pesticides en hausse sur la moyenne triennale

    La réalité est un poil différente, et comme pour l'inversion de la courbe du chômage chère à François Hollande, il convient de ne pas chanter victoire trop vite. Le recul sur un an est encore loin d'inverser les tendances de fond puisque les ventes de produits phytosanitaires agricoles restent en hausse en France en moyenne triennale sur la période 2013-2015 par rapport à 2012-2014.

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  • 100 millions d'euros pour replanter et adapter la forêt française au changement climatique

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    Cette année, l'ONF (l'Office national des forêts) fête son cinquantième anniversaire. En guise de cadeau d'anniversaire au vert quinquagénaire, le ministre de l’Agriculture et de la Forêt, Stéphane Le Foll, a annoncé le 16 janvier dernier au Sénat qu’il souhaitait mobiliser 100 millions d’euros en 2016 pour replanter des forêts. Un plan national pour la forêt et le bois devrait être également présenté en février.

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  • L'Etat veut tuer plus de loups : les ONG et les Français ne sont pas tous d'accord

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    Le gouvernement veut augmenter le nombre autorisé d'abattages de loups en France en 2015-2016. Photo DR

    Le gouvernement veut relever son plafond de loups à abattre en 2015-2016, soit 36 individus contre 24 en 2014-2015, alors que les effectifs français sont estimés à 282 par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Un geste en faveur des éleveurs, pour leur permettre de défendre leurs troupeaux, mais qui, au final, a peu de chances de les contenter. Ce qu'il y a de sûr, en revanche, c'est qu'il hérisse les associations environnementales et ne plait pas non plus vraiment aux Français, si l'on se fie aux résultats de la consultation publique effectuée sur ce projet par l'Etat, du 29 mai au 21 juin.

    La polémique entre les écologistes, les chasseurs et les éleveurs repart de plus belle

    chasse loup.jpgDans un communiqué, l'association environnementale FERUS voit dans cette décision des ministère de l'Ecologie et de l'Agriculture qui se partagent le "dossier loup", la volonté de "satisfaire les lobbies de l'élevage" tout en "officialisant la chasse au loup". Pour la saison 2015-2016, les chasseurs auront en effet officiellement la possibilité d’effectuer des tirs de prélèvements, toujours sous réserve d’un arrêté préfectoral, "à l’occasion de chasse à l’approche ou à l’affût d’espèces de grand gibier".

    "Contenter le monde de la chasse et les syndicats agricoles"

    "Alors que la population de loups est en baisse dans notre pays, le gouvernement doit tenir compte de la volonté des Français et arrêter de céder à la pression des lobbies agricoles et cynégétiques". CAP Loup

    Le hic, pour l'Etat, c'est que l'augmentation du nombre de loups abattus légalement n'est pas vraiment populaire. Les Français aiment-ils vraiment les loups ? En tout cas, plus de 5.700 personnes ont  répondu à la consultation publique sur le site du ministère de l'Ecologie concernant les deux arrêtés ministériels qui prévoient de porter à 36 ce nombre d'abattages. Une mobilisation qualifiée d'"exceptionnelle" par FERUS, pour une consultation publique, et qui se montre, si l'on en croit les commentaires sur internet, majoritairement opposée au projet. De quoi apporter de l'eau au moulin des associations pro-loup réunies sous l'étiquette CAP Loup. "Si l’État adoptait ces textes, il montrerait que cette consultation est une mascarade, tout comme le "Groupe national loup" auquel les associations de protection de la nature refusent de participer car il ne fait qu’enregistrer des décisions validées en amont pour contenter le monde de la chasse et les syndicats agricoles", poursuivent les défenseur de la faune sauvage.

    Le  difficile retour du loup en France, espèce protégée en Europe

    Espèce strictement protégée en Europe, le loup est classé "vulnérable" sur la Liste rouge des espèces menacées en France (MNHN, UICN). Le loup, comme l'ours, le lynx, l'élan, le tarpan et le bison, l'esturgeon, le phoque ou encore le saumon, fait partie des animaux sauvages qui, après avoir disparu de nos territoires, font aujourd'hui leur retour, plus ou moins timidement. S'il a fallu "importer" des ours de Slovénie dans nos montagnes Pyrénées, le retour du loup en France en 1992 sur notre territoire s'est opéré naturellement. Depuis, le loup, venu d'Italie où on lui adonné une chance de survie, doit faire face dans l'Hexagone, comme nulle part ailleurs, à une levée de boucliers incessante qui se complait à alimenter peurs et fantasmes.

    Changer les mentalités

    retour du sauvage.jpgComme l'explique avec bonheur et intelligence Pierre Athanaze dans son livre "Le retour du sauvage" (Buchet-Chastel, 2014), en France, la difficile cohabitation entre les animaux sauvages - et par voie de conséquence ceux qui les défendent - et les agriculteurs ou les éleveurs, vient de ce que, au pays de Descartes et des jardins "à la française", "le sauvage fait peur". Qu'il s'agisse des plantes ou des animaux. Pour ce forestier de métier, président de l'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), cela ne date pas d'hier et c'est culturel. Et changer les mentalités, cela ne se fait pas sur un claquement de doigt, mais cela s'encadre par la loi et cela s'organise par l'éducation.

    Les loups, population en baisse

    loup gers.jpgLe loup est bien un redoutable prédateur. Il s'est répandu dans une trentaine de départements. On en a même repéré un dans le Gers, à Troncens, en 2012 (photo Jean-François Langlois DR). Les passions s'exacerbent entre leveurs et écologistes. Mais, contrairement à l'idée reçue qui voudrait faire croire à une invasion de meutes de loups prêtes à sauter à la gorge de nos enfants, après avoir ravagé nos troupeaux de vaches, moutons, brebis et chèvres, pour la première fois depuis son retour naturel en France, la population de l'espèce est en baisse. Le suivi officiel de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) estime cette année à 282 le nombre de loups sur le territoire, contre 301 en 2014. Rappelons qu'il y a un peu plus de 60 millions de Français... La même étude évalue à 38% la probabilité que l’abattage de 36 loups voulu par l’État en 2015-2016 entraîne une nouvelle baisse de la population.

    Mieux aider les éleveurs à protéger les troupeaux

    loup.jpg"L’État français prend le risque de mettre en péril une espèce strictement protégée en Europe", déplore FERUS qui ne fait pas que critiquer, mais qui apporte des solutions. L'association qui ne nie pas la réalité des attaques du prédateur, réclame que l'on améliore la protection des troupeaux, comme cela se pratique dans d'autres pays européens, en aidant mieux techniquement les éleveurs à évoluer vers des pratiques adaptées, et en les incitant à le faire, en contrepartie des subventions qu’ils perçoivent. "Abattre les loups, légalement ou en braconnage, ne contribue pas à régler le problème des prédations. En revanche, cela affaiblit l'espèce", souligne l'association. Et sur ce point, nul ne pourra lui donner tort.

    Le retour du loup, "une chance pour les générations futures"

    Le paradoxe, c'est que le retour du sauvage, de la faune aux espaces naturels, est pourtant nécessaire pour résoudre bien des problèmes écologique actuels : érosion de la biodiversité, dérèglement climatique... Car dans la belle histoire de la vie sur la planète, tout est lié. Le retour du loup, qui, comme l'ours, joue son rôle dans la grande chaîne alimentaire, constitue, avec la restaurations d'espaces de biodiversité sauvages, "une chance et une nécessité pour l'équilibre de la planète et les générations futures", souligne Pierre Athanaze.

    "C'est une décision grotesque. Le loup est une espèce protégé." Madline Reynaud, ASPAS

    Les Français, majoritairement opposés à la destruction des loups, selon le sondage IFOP réalisé en 2013, ont-ils l'intuition de cette nécessité "naturelle" ? Pour leur part, fortes du soutien de l'opinion publique, les associations de CAP Loup demandent à l’État de "revoir sa copie et ne pas adopter un projet qui confirmerait de façon éclatante sa soumission aux lobbies, son mépris de la biodiversité et de la volonté des citoyens".

    Une chose est sûre : il nous faut apprendre de toute urgence à aimer la nature, à la protéger et à cohabiter avec elle, car nous ne sommes pas en guerre contre elle, mais nous ne vivons que grâce à elle... 

    Cathy Lafon

    PLUS D'INFO
    • Les associations du collectif CAP Loup sont Ferus, ASPAS, SFEPM.  Pour accéder au site de CAP Loup : cliquer ICI 

    LIRE AUSSI

    • "Le retour du sauvage", Pierre Athanaze, Buchet  Chastel, 2014, 12 €.
    • Les articles de Ma Planète sur les loups : cliquer ICI
    • Les articles de Ma Planète sur la biodiversité : cliquer ICI