Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Risque nucléaire : ce samedi à Bordeaux, Greenpeace France alerte sur la vulnérabilité des centrales

 cattenom greenpeace.jpg

Cette semaine, Greenpeace France a remis aux autorités compétentes un rapport aux conclusions inquiétantes sur la sécurité nucléaire du pays. Rédigé par sept experts indépendants, trois Français une Allemande, deux Britanniques et un Américains, qui ont planché 18 mois sur le sujet, le rapport alerte sur la vulnérabilité des piscines du combustible usé : la protection de notre parc électro-nucléaire ne serait pas adaptée au risque terroriste. Les spécialistes en physique nucléaire (ingénieurs, docteurs, ex-salariés du CEA ou encore collaborateurs de l'IRSN, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) ayant passé au crible les types d'armes et les stratégies d'attaques possibles,  Greenpeace a choisi de ne publier en ligne qu'un petit résumé du rapport, car "il s'agit d'alerter l'opinion et les pouvoirs publics, pas de donner des idées à des personnes mal intentionnées" explique Yannick  Rousselet, chargé de campagne auprès de l'ONG.

Alors que ces bâtiments sont les installations qui contiennent le plus de radioactivité dans les centrales nucléaires, ils sont pourtant très mal protégés face au risque d'actes de malveillance, assure le rapport. Très vulnérables puisqu’elles sont situées à l'extérieur des bâtiments réacteur et ne sont pas dotées d’une enceinte de confinement renforcée, les piscines de combustibles usagés des centrales sont moins protégées que les réacteurs. Les parois en béton de la structure qui les abrite sont d'une épaisseur de 30 cm, contre 60 cm et 1 m pour le bâtiment réacteur, selon l'ASN. Or, en cas d’attaque extérieure, si une piscine est endommagée et que l’eau s’écoule, le combustible n’est plus refroidi. Un accident nucléaire peut alors déclencher avec des conséquences radiologiques très graves, "encore plus étendues sur le territoire que celles de l’accident de Fukushima (plus de 80 km)", avertit Greenpeace.  Avec 58 réacteurs nucléaires et donc 62 piscines d’entreposage du combustible usé (plus 4 à la Hague), tout le monde est concerné par ce risque, en France, mais aussi en Europe. 

"Nos centrales sont-elles des passoires ?"

L'action spectaculaire menée ce jeudi par l'ONG à Cattenom, en Moselle, pour dénoncer la fragilité et l’accessibilité de ces bâtiments lourdement chargés de radioactivité a enfoncé le clou. Huit militants de Greenpeace sont parvenus à s'introduire à l’intérieur du périmètre de la centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle, où ils ont déclenché un feu d’artifice, à proximité de la piscine d’entreposage du combustible nucléaire usé, avant d'être  "stoppés" par les gendarmes avant la "zone nucléaire", ont indiqué l'ONG et EDF sur Twitter ce jeudi.  "Des militants de @Greenpeace ont tiré un feu d'artifice à proximité d'une centrale nucléaire. Nos centrales sont-elles des passoires ?" s'interrogent dans un  tweet les Grandes gueules, sur RMC.

"Piscines en carton" : accident nucléaire !  

Afin de battre le fer tant qu'il est chaud, dans la foulée, ce samedi 14 octobre, à Bordeaux et dans 20 villes de France, Greenpeace France organise une action de sensibilisation pour alerter leurs concitoyens sur les risques qui planent sur les centrales nucléaires. A Bordeaux, les militants de l'ONG seront présents de 11 h à 16 h, place Pey-Berland, pour sensibiliser les Bordelais à l’aide d’une piscine en carton symbolisant la fragilité des piscines d’entreposage du combustible usé. Pétition à la clé, ils veulent également "alerter les citoyens sur l’obligation pour EDF de prendre en main ce problème". " En tant qu’exploitant des centrales nucléaires en France, EDF doit effectuer les travaux nécessaires pour sécuriser ces piscines", souligne le porte parole de Greenpeace Bordeaux,  James Cleaver. Suite à la grande tempête de 1999, où la centrale du Blayais avait été inondée, et après la catastrophe de Fukushima, en mars 2011, des travaux de construction et d'élévation de digues pour faire face aux intémpéries, et des travaux post-Fukushima ont été effectués. Pour Greenpeace, il faut aujourd'hui suivre la même démarche face au risque terroriste. 

Parmi les mesures concrètes préconisées par les auteurs du rapport, l'amélioration de la protection physique des installations par leur "bunkerisation". Avec deux options privilégiées : soit déplacer les piscines de refroidissement dans des bâtiments mieux protégés, soit construire autour d'elles une vraie structure protectrice, à l'instar de ce qui a été fait sur l'EPR, le réacteur nouvelle génération en construction à Flamanville dans la Manche.

Cathy Lafon

►LIRE AUSSI

Les commentaires sont fermés.