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  • Santé : selon une étude bordelaise, l'usage intensif du portable augmente le risque de tumeur cérébrale

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    L'exposition aux ondes électromagnétiques n'a pas « d'effet avéré » sur la santé, indique l'Anses, qui recommande cependant de limiter l'exposition aux ondes, notamment pour les enfants. Photo AFP

    La revue Occupationnal and Environmental Medecine vient de publier, le 9 mai, les résultats d'une enquête épidémiologique menée par une équipe française bordelaise de l'Université Bordeaux Segalen : pour les utilisateurs dits "intensifs" du téléphone portable,  le risque de tumeur cérébrale pour un cas de cancer, serait doublé.  Si les chercheurs estiment que cette étude ne leur permet toutefois pas de conclure au risque cancérigène du portable, des précautions s'imposent afin de prévenir les risques sanitaires liés aux ondes électromagnétiques.  Décryptage.

    recherche,étude,téléphonie mobile,ondes électromagnétiques,bordeaux,maladie,cancerQu'est-ce qu'un utilisateur intensif ?

    Pour les scientifiques, l'"utilisateur intensif" de portable utilise son mobile plus de 15 heures par mois, soit une demi-heure par jour. Une durée largement dépassée aujourd'hui par de très nombreux utilisateurs, dont les plus jeunes, mais aussi les professionnels. 

    L'étude CERENAT

    Les chercheurs bordelais de l'ISPED ne sont pas des novices en la matière. Depuis 1999, ils relèvent toutes les tumeurs  primitives du système nerveux central en Gironde et ils ont entamé, en 2004, le programme CERENAT. Objectif : observer le lien possible entre tumeurs et pesticides, tumeurs et solvants, tumeurs et champs électromagnétiques, et notamment  l'exposition aux radiofréquences des téléphones portables. L'étude cas-témoins de CERENAT porte sur une population adulte, et concerne 892  personnes saines et 447 qui souffrent d'un cancer au cerveau, dont 253 cas de gliomes (tumeurs cancéreuses cérébrales bénignes ou malignes) et 194 cas de méningiomesdans quatre départements de différentes régions : Gironde, Hérault, Manche et Calvados

    Risque multiplié par deux

    Les chercheurs rappellent en préambule de la publication que "si la dangerosité des ondes électromagnétiques sur la santé humaine demeure controversée, elles pourraient pourtant être la cause de certains cancers". Elle précise aussi qu'il n'y a pas de lien établi entre l'apparition d'une tumeur au cerveau et l'utilisation du téléphone portable.  Gaëlle Coureau et ses collègues de l'Université Bordeaux Segalen relèvent toutefois dans leur étude un lien statistique entre un type de cancer du cerveau, le gliome, et l'usage intensif du portable :"le risque est plus élevé pour les gliomes, les tumeurs temporales, les usages professionnels et urbains du téléphone". Ce risque est multiplié par deux. 

    Les limites de l'étude

    L'étude des scientifiques ne montre pas qu'on va attraper une tumeur parce qu'on utilise un portable. Les chercheurs n'ont pas pu mettre en évidence d'effet-dose en montrant que le risque augmente avec l'augmentation de l'utilisation des téléphones portables. Par ailleurs, ils n'ont pas pris en compte d'autres paramètres, comme l'alimentation des cas-témoins.  Mais en conclusion, les chercheurs estiment bien qu''il y a un lien possible entre usage intensif des téléphones mobiles et tumeurs au cerveau".

    recherche,étude,téléphonie mobile,ondes électromagnétiques,bordeaux,maladie,cancerD'autres études mettent en évidence des effets avérés sur la santé

    Selon l'association Priartem (Pour une Réglementation des Implantations d'Antennes Relais de Téléphonie Mobile), l'étude bordelaise confirme les résultats des travaux du suédois Hardell et du programme Interphone de l'OMS, et  "constitue une preuve supplémentaire de l’effet potentiellement cancérigène du téléphone portable".

    Le rapport de l'Anses

    En octobre 2013, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) a confirmé dans le rapport "Radiofréquence et santé,  les effet biologiques d'une exposition aux ondes, qui sont des "changements d'ordre biochimique, physiologique ou comportemental sont induits dans une cellule, un tissu, ou un organisme en réponse à une stimulation extérieure".  Après avoir compulsé un millier d'études scientifiques publiées dans le monde, l'Anses avait indiqué ne pas avoir pu "établir un lien de causalité entre les effets biologiques décrits sur l'homme ou l'animal et d'éventuels effets sanitaires". Tout en reconnaissant pourtant, que certaines études mettaient bien en évidence des effets avérés sur la santé : sommeil, trouble cognitifs, fertilité mâle. Et que d'autres publications dans le monde évoquaient une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale sur le long terme, pour des usagers intensifs de téléphones portables.

    Limiter l'exposition aux ondes

    L'Anses concluait qu'il n'était pas nécessaire de modifier la réglementation qui fixe des seuils limites mais recommandait néanmoins de limiter l'exposition aux ondes. En particulier celles des téléphones mobiles, surtout pour les enfants et les utilisateurs intensifs, qui passent chaque jour plus d'une quarantaine de minutes au téléphone. Utiliser un kit mains libres, privilégier des téléphones émettant moins d'énergie (débit d'absorption spécifique) et réduire l'exposition en limitant la durée de l'usage et en ne dormant pas avec son téléphone allumé sur l'oreiller : autant de bonnes pratiques recommandée par le bon sens et par les associations qui militent pour la prévention des risques sanitaires en matière d'ondes sans réclamer pour autant la fin des portables.

    Cathy Lafon

    POUR LIRE L'ETUDE DE L'ISPED

    • « Mobile phone use and brain tumours in the CERENAT case-control study », Occupationnal and Environmental Medecine, mai 2014  : cliquer ICI
    • Contact :  Dr Gaëlle Coureau, Université Bordeaux Segalen, ISPED, Equipe Santé Travail Environnement, 146 rue Léo Saignat, 33076 Bordeaux, Cedex, France; gaelle.coureau@isped.u-bordeaux2.fr

    LIRE AUSSI

    • Les articles de Ma Planète sur les ondes électromagnétiques : cliquer ICI

    PLUS D'INFO

    Les gliomes sont rares mais représentent environ la moitié des tumeurs primitives du cerveau. Leur incidence est environ de 5 cas pour 100 000 habitants. Le pic de fréquence se situe entre 50 et 60 ans et ces tumeurs sont la troisième cause de mortalité chez l’adulte jeune. Chez l'enfant, il s'agit du deuxième cancer le plus fréquent (derrière la leucémie).

    Les méningiomes  représentent environ 20 % des tumeurs observées dans le système nerveux central ou à son contact et surviennent deux fois sur trois dans la deuxième moitié de la vie.

  • Réchauffement climatique et montée des eaux : alerte à Miami

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    A Pensacola, en Floride, Etats-Unis), le 1er mai 2014. AFP

    Il n'y a pas que les îles Tuvalu, dans le Pacifique, qui soient menacées aujourd'hui de submersion. 136 grandes villes côtières sont dans le même cas partout sur la planète, y compris aux Etats-Unis. Le pays de l'oncle Sam devra donc lui aussi payer la note de la pollution de l'air et du bétonnage colossal de ses côtes: en raison du réchauffement climatique, la Floride est de plus en plus menacée par la montée du niveau de l’océan Atlantique.

    "Ground Zero" du changement climatique

    La situation est particulièrement inquiétante à Miami, dont les plages de rêve et les milliers de propriétés, buildings, habitations, hôtels et magasins ne sont situés qu'à un jet de pierre de la mer, voire carrément au bord de l'eau.  Lors d’une audition du Sénat américain, exceptionnellement organisée dans la métropole du sud de la Floride en avril dernier, le sénateur Bill Nelson a même qualifié la région de "Ground Zero " du changement climatique.

    miami beach.jpgRisque de submersion au paradis

    En Amérique du nord, la Floride est le paradis des retraités et des américains fortunés. La zone côtière concentre les trois-quarts des 20 millions d'habitants de cet Etat, qui connaît une météo et une température exceptionnellement idéale à longueur d'année. Mais ici comme ailleurs dans le monde, la mer se rapproche dangereusement: selon l’ONG World Resources Institute, la Floride a perdu 30 cm de côtes depuis 1870. Et d’ici à 2060, la mer devrait avoir encore gagné de 23 à 61 cm... Plus inquiétant encore: la ville de Miami (photo ci-dessus) ne se trouve seulement qu'à 1,22 m d’altitude par rapport au niveau de l'océan.

    réchauffement climatique,coût,montée des eaux,océan,etats-unis,floride"Construire des digues ne servirait à rien"

    Selon le sénateur Nelson : "Construire des digues ne servirait à rien", car le sous-sol est "comme du gruyère". Le sol de Miami est en effet constitué d'une roche sédimentaire calcaire, poreuse et imbibée d’eau. Les Etats-Unis  et la Floride vont donc devoir trouver des solutions innovantes pour protéger les biens immobiliers situés au bord de l’océan. Selon une étude financée par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), parue le 18 août 2013 dans la revue Nature Climate Change, en 2050, le coût des inondations pour les 136 plus grandes villes côtières de la planète pourrait être de 1.000 milliards de dollars - environ 750 milliards d'euros-  si elles ne se protègent pas mieux. A Miami, les biens immobiliers menacés ont une valeur totale de 14,7 milliards de dollars.

    En Floride, pas besoin d'enquête des "Experts" de Miami pour déterminer si le réchauffement climatique est une réalité ou non : la submersion c'est déjà aujourd'hui. Lors des inondations, les habitants sont déjà forcés de traverser les rues avec de l’eau jusqu’aux genoux pour rentrer chez eux. Les autorités de Miami-beach ont prévu d'installer trois pompes avant les grandes marées d’octobre pour mieux évacuer l’eau. Avant de trouver, si possible, de meilleures parades.

    Cathy Lafon

    LIRE AUSSI

    • Les article de Ma Planète sur le réchauffement climatique: cliquer ICI
    • Le rapport de l'OCDE sur le coût des inondations des grandes villes côtières de la planète (en anglais) : cliquer ICI
  • Frelon asiatique : répondez à l'avis de recherche du Muséum national d'Histoire naturelle

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    Un beau spécimen de frelon asiatique girondin. Photo archives "Sud Ouest" / Xavier Léoty

    Dans le cadre de son programme de sciences participatives, le Muséum national d’Histoire naturelle a lancé un avis de recherche sur le frelon asiatique, considéré comme une espèce invasive mais pas nuisible.

    Danger sanitaire et espèce exotique envahissante

    Vespa velutina nigrithorax a été introduit en France en Lot-et-Garonne, dans des poteries chinoise,  il y a plus de dix ans. Très présent dans les deux tiers de l'Hexagone et notamment dans le Sud-Ouest, le frelon asiatique est un véritable prédateur et un fléau pour les abeilles, qui constituent 85 % de sa nourriture. Il consomme également une grande variété d’autres insectes et d’araignées. Il est classé depuis 2012 comme “danger sanitaire” au titre du Code rural et “espèce exotique envahissante” au titre du Code de l’environnement français.  Le frelon asiatique  n’est toutefois pas plus dangereux pour l’homme que son cousin européen, Vespa crabo, mais, comme lui, il réagit lorsqu’il se sent agressé. Sa piqûre n’est pas mortelle, sauf dans des circonstances extrêmes : allergie et piqûres multiples. Le périmètre de défense des nids de frelons est d’environ cinq mètres et, selon les entomologistes, des vibrations autour d’un nid, cela ne pardonne pas.

    espèce invasive,frelon asiatique,recherche,muséum national d'histoire naturelle,sciences participativesOù habite le frelon asiatique et de quelle couleur est-il ?

    Une collaboration entre des chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle, du Laboratoire Evolution, Génomes et Spéciation (IRD-CNRS) de Gif-sur-Yvette, de l’American Museum of natural History et des chercheurs népalais, chinois et indonésiens a déjà permis de mettre en évidence de nouvelles données sur les variations de couleurs de cette espèce invasive. Dans le cadre des sciences participatives, afin d'enrichir les connaissances des scientifiques sur cet insecte,  les citoyens sont donc invités à signaler à leur tour les frelons asiatiques qu'ils rencontrent, en remplissant sur le site internet du Muséum une des fiches de signalement d'individus ou de leurs nids. Si le nid est situé à moins de 10 m du sol (photo ci-dessus, un nid de frelon asiatique à Artigues, en Gironde), le signalement doit être obligatoirement accompagné d'une photo (même prise avec un téléphone portable) ou de l'envoi par courrier d'un insecte sec au MNHN, sinon il ne sera pas pris en compte dans la cartographie du site de l'INPN.

    Alors, pour la science, à vos smartphones et souris d'ordi... Mais attention : gare aux frelons !

    Cathy Lafon

    PARTICIPER A L'ENQUETE DU MNHN : cliquer ICI

    TOUT SUR LE FRELON ASIATIQUE

    • Le site du Muséum national d'Histoire naturelle: cliquer ICI

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    • Frelon asiatique : retour sur les précédents cas de piqûre dans la région : cliquer ICI