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Tribune libre. "Photovoltaïque en France : le début d’une révolution du marché énergétique"

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La centrale photovoltaïque de Cestas (Gironde), inaugurée le 1er décembre 2015. Photo archives Sud Ouest / Stéphane Lartigue

 Par Maamaathy.pngty Bouanane, Directeur des ventes LG Solar France. "Le marché photovoltaïque français a connu une belle croissance entre 2006 et 2016 passant du néant à 7 000 MW installé. En 2016, le marché français sera certainement de 700 MW soit 1 % du marché mondial qui atteindrait 70 GW contre 51 GW en 2015, soit une progression de +26 %.

Nous sommes encore un des rares pays de l’OCDE à ne pas avoir investi massivement dans le photovoltaïque.  Cela dit, nous ne sommes qu’au début d’une révolution. Une récente étude publiée par l’ADEME prône notamment une France 100 % renouvelable à horizon 2050.

Les produits sont de plus en plus performants. De nouveaux modules ont été lancés avec une puissance de 365W contre 260-290W en moyenne sur le marché. Outre cela, le marché mondial du photovoltaïque ne cesse de croître et les capacités de production suivent la même tendance, notamment avec les dernières innovations technologiques de batterie Lithium-Ion, composante future des systèmes photovoltaïques.  Cela entraine bien évidemment une baisse des coûts et, par conséquent, offre toujours plus de débouchés dans le monde.

Qu’est-ce que la "parité réseaux" ?

La croissance du parc photovoltaïque voit parallèlement une baisse pharamineuse des coûts d’installation et une hausse du prix de l’électricité commercialisé par EDF. Lorsque le LCOE (Levelized Cost of Energy) ou coût actualisé de l’énergie photovoltaïque sera en dessous du prix de vente EDF, nous parlerons alors de « parité réseaux ». Certains pays plus ensoleillés et, ou le prix de l’électricité est plus cher qu’en France, ont déjà atteint cette parité réseau comme en Italie et en Espagne. A l’échelle mondiale les prix du MWh photovoltaïque battent d’année en année des records. A titre d’exemple, au Maroc le prix est à 40 €/MWH (centrale de 170 MWc[3]), au Mexique à 30 €/MWh et enfin le record absolu à Abu-Dhabi à 24 €/MWH (centrale gigantesque de 1100 MWc).

Les chiffres clés du marché photovoltaïque français actuel

Sur la totalité du parc solaire Français (7 GW), seulement 1 GW est en résidentiel ou en installations inférieures à 9 KW. Cela représente un volume de 15 %. Etrangement, ce marché n’a jamais réellement décollé et nous sommes bien loin de nos voisins européens. Ce segment comprend les petites, moyennes et grandes toitures industrielles et commerciales allant de 9 KW à 1 MW. Ils représentent 2,2 GW du parc total Français soit 32 %. C’est un segment qui est dominé par les installations sur bâtiments agricoles. La facilité de mise en place de ces projets, la disponibilité des terrains et le but commun partagés entre investisseurs et agriculteurs ont dynamisé ce segment. Les coopératives agricoles ont aussi été très actives dans la mise en place de projet solaire sur bâtiment agricole.

Sur le marché des grandes toitures au sol, elles représentent la plus grande part des 7 GW connecté au réseau national Français (2,9 GW). Elles continuent à être la partie la plus importante des appels d’offre CRE avec 1000 MW/an pour les 3 prochaines années.

Un support économique essentiel au développement des énergies renouvelables en France

Pour assister le solaire dans son développement, le gouvernement met en place un support encourageant l’utilisation du solaire photovoltaïque. Ainsi la production d’énergie serait obligatoirement achetée par EDF à un tarif très avantageux (0,62 €/kWh en 2009). En plus de ce généreux tarif, les foyers qui investiraient dans le solaire pouvaient bénéficier d’un crédit d’impôt sur l’achat du matériel. Bien entendu cette aubaine n’a été que de courte durée et l’Etat a décidé unilatéralement de mettre en œuvre un moratoire qui allait verrouiller et contrôler le marché.

Un signal extrêmement positif

Après ce moratoire en 2011, la France a mis en place un système d’appel d’offre pour des installations allant de 100 KW à 250 KW et des centrales de 250 KW à 12 MW. C’est un système complexe qui note les projets en fonction du bilan carbone des modules, de l’impact environnemental du projet et du prix global de l’installation. Ségolène Royal, la ministre de l'Environnement, de l’énergie et du développement durable a confirmé, au printemps 2016, une vision claire du développement du marché solaire pour les trois prochaines années. Cela a été vécu comme un signal extrêmement positif d’incitation et de volonté des pouvoirs public en place pour dynamiser ce secteur.

Un nouveau cadre de soutien de l’autoconsommation sera le bienvenu

Il suffira de soutenir l’installation sur la base du coût du projet global avec un crédit d’impôt ou une subvention, par exemple, et ensuite de mettre en place des règles qui permettront de vendre la production non-consommé sur le réseau à un tarif fixe. Ce système est vertueux car le consommateur sera plus soucieux de sa consommation d’énergie car il en sera le producteur direct. L’état pourra réduire de plus en plus ces aides jusqu’à se désengager complètement. Nous comptons également sur les progrès techniques pour les prochaines régulations thermiques, notamment la RT2020, ainsi que sur les nouvelles constructions de maisons ou de bâtiments 100 % positif. Autrement dit, que la production en énergie soit l’équivalent de la consommation totale en énergie du bâtiment ou de la maison."

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