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Pollution de l'air : le trou dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique continue à se résorber

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Des chercheurs préparent des ballons pour mesurer l'ozone à 32 km d'altitude dans l'atmosphère au-dessus du pôle Sud. Photo NOAA

Bonne nouvelle pour la planète : le trou dans la couche d’ozone, provoqué en majeure partie par les activités humaines, continue à se résorber au-dessus du pôle Sud, comme cela avait été observé en 2013. Telles sont les conclusions d'une étude scientifique américaine publiée le 30 juin dernier dans la revue Science, qui montrent aussi que les mesures internationales prises lors du Protocole de Montréal de 1987 portent leurs fruits. Ce qui laisse espérer que l'Accord international sur le climat de Paris signé en décembre 2015 puisse faire de même, pour peu que les Etats parviennent à en concrétiser les objectifs, afin de réduire le réchauffement climatique en cours sur la planète.

La couche d'ozone, kèsaco ?

couche d'ozone,trou,étude,atmosphèreL'ozone est un gaz naturellement présent dans l'atmosphère. En haute altitude, dans la stratosphère, il forme une couche qui s'étend entre vingt et quarante km d’altitude et absorbe la plus grande partie du rayonnement solaire ultraviolet - et surtout les rayons UV-B - dangereux pour les organismes vivants. La couche d'ozone protège et permet la vie sur Terre. Les scientifiques ont découvert l'existence du trou dans la couche d’ozone en analysant des relevés à partir de stations au sol qui remontaient aux années 1950, et ont constaté au milieu des années 1980, que la quantité totale d’ozone autour de la planète diminuait fortement en septembre-octobre, lors du printemps austral.

Qui veut la peau de la couche d'ozone ?

Les responsables de cette réduction alarmante ont alors été identifiées : les substances chimiques contenues dans les systèmes de climatisation, de réfrigération, les aérosols pour les laques à cheveux et dans certains processus industriels. Emetteurs de gaz chlorés, de chlorofluorocarbones ou de CFC, qui appauvrissent l’ozone, ces différents produits fabriqués par les hommes, sont à l'origine du trou dans la couche d'ozone.  Avec le dioxyde de soufre émis naturellement par les activités volcaniques de la Terre.

Environ la moitié de la superficie des Etats-Unis

Pour cette nouvelle étude, les chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont utilisé les données fournies par les ballons météorologiques et les satellites qui mesurent également le dioxyde de soufre relâché dans l’atmosphère par les volcans. Les scientifiques ont ainsi pu calculer que le trou dans la couche d’ozone avait diminué de plus de quatre millions de km2, soit environ la surface de l'Inde ou de la moité de la superficie des Etats-Unis, depuis 2000 quand les pertes d’ozone étaient les plus importantes, au moment du printemps austral en septembre et octobre.

«Globalement le trou d’ozone paraît être sur la voie de la guérison »

Basée sur des mesures prises en septembre depuis quinze ans, l'étude met aussi en évidence l'impact des activités volcaniques en révélant également pour la première fois une pause passagère dans ce processus de réduction en octobre 2015, en raison d’une éruption du volcan Calbuco dans le sud du Chili six mois plus tôt.  « Mais globalement le trou d’ozone paraît être sur la voie de la guérison » alors que les émissions de gaz chlorés, les chlorofluorocarbones ou CFC, continuent à diminuer, concluent les scientifiques. La concentration atmosphérique a baissé de 10 à 15% par rapport au pic de la fin des années 1990, selon le dernier rapport quadriennal de l’Organisation météorologique mondiale et du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) publié en 2015.

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Merci le Protocole de Montréal !

Le Protocole de Montréal, un traité international conclu en 1987, et adopté par tous les pays, prévoit l’interdiction progressive de ces gaz chlorés dans la fabrication des produits incriminés. Et ça a marché. « D’ici à 2030, le Protocole de Montréal aura évité deux millions de cancers de la peau par an, des dégâts oculaires et immunitaires sur les humains, et aura aussi protégé la faune et l’agriculture », selon des simulations du Programme des Nations unies pour l’environnement.

La planète sur la voie du rétablissement

« Nous pouvons désormais être confiants dans le fait que les mesures internationales prises ont mis la planète sur la voie du rétablissement », se réjouit Susan Solomon, professeur de chimie et de science du climat au MIT, principal auteur de cette étude. Selon les chercheurs américains, leurs travaux montrent en outre que la diminution du trou d’ozone correspond aux prédictions des modèles et que plus de la moitié de cette réduction a résulté exclusivement de la diminution des chlorofluorocarbones produits par les activités humaines dans l’atmosphère.

Quand le trou d'ozone aura-t-il disparu ?

Ces mêmes modèles informatiques prévoient une guérison complète de la couche d’ozone avant 2050. Une échéance peut-être trop optimiste qui ne fait pas l'unanimité dans la communauté scientifique. Selon les explications de Michaela Hegglin, spécialiste de l'atmosphère à l'université de Reading, au Royaume-Uni, publiées par la revue Nature, si le trou dans la couche d'ozone se réduit au-dessus du pôle Sud, il ne disparaîtra pas avant la fin du XXIème siècle. Au maximum de son étendue, en octobre 2015, le trou couvrait encore une superficie de 28,2 millions de km2 au-dessus de l’Antarctique. Quant à celui qui s'est formé au-dessus du pôle Nord, s'il est plus petit, il se porte porte toujours aussi bien.

Cathy Lafon

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