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Pollution des océans : le plastique, roi des déchets sur les plages

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La plage de Mimizan (Landes) après une tempête en 2014. Photo archives "Sud Ouest "

La fondation Surfrider a dévoilé ce mardi son classement des déchets ramassés sur un échantillon de plages françaises et espagnoles, depuis la Bretagne jusqu'au Pays basque. Essentiellement du plastique. Bouteilles, cotons-tiges, sacs plastique et mégots sont les déchets que l'on retrouve le plus, qu'ils aient été jetés sur la plage ou qu'ils viennent de plus loin : des villes, via le réseau hydrographique (rivières et cours d'eau), ou même d'autres pays, charriés par les courants de l'océan. Leur présence signe notre hyper-consommation, notre addiction au pétrole et le peu de soin que nous portons à notre environnement.

La bonne nouvelle, c'est que l'interdiction des sacs plastique à usage unique, votée dans la loi pour la transition énergétique, qui entrera en vigueur le 1er juillet prochain, devrait réduire un peu l'invraisemblable fatras des objets qui polluent les profondeurs de la mer et encombrent nos plages. Il arrive même que l'on y retrouve des frigos...

La collecte des "quatre saisons"

plage la barre.jpgL'enquête de Surfrider a été réalisée par plus d'un millier de bénévoles qui ont arpenté les plages depuis la Bretagne jusqu'au Pays basque espagnol pour collecter les déchets et devraient dorénavant le faire chaque  printemps, été, automne, hiver. Couches et déchets sanitaires de tous ordres, bouchons couvercles, flacons, bouteilles en verre ou en plastique, emballages, chaussures dépareillées, caisses, cordages, ampoules, tubes cathodiques... Sur les plages, le grand bazar de la pollution n'a pas de limites.

Le plastique, 80% des déchets

Le plastique représente 80% des déchets dans la plupart des cinq sites analysés par l'ONG. Autre enseignement, certaines plages sont plus polluées que d'autres, comme celle de la Barre, à Anglet, au Pays basque français, où 94,5% des 18.884 déchets collectés sont en plastique ou en polystyrène. Pas toujours "made in France", les ordures : nombreuses sont celles qui viennent du nord de l'Espagne. Outre la consommation, plusieurs facteurs entrent en effet en ligne de compte dans la pollution. La pression touristique, les courants, les marées et la dynamique des bassins versants expliquent aussi qu'une plage sera plus polluée qu'une autre. 

Avez-vous envie de partager votre serviette avec un mégot cet été?

déchet grand crohot 1.jpgVous, je ne sais pas, mais pour Surfrider, c'est non. Pour l'ONG, pas question de partager les plaisirs du soleil et de la plage cet été avec les bouteilles en plastique, les mégots et autres cotons-tiges usagés. La fondation a pour objectif de réduire de 50% les déchets entrant dans l'environnement marin d'ici 2020. Pour y parvenir, toutes les parties prenantes, des citoyens aux industriels en passant par les décideurs doivent s'engager à la mise en œuvre de solutions concrètes, explique Surfrider, qui part à la rencontre de parlementaires, y compris au niveau européen, participe à des conférences internationales, relaie des pétitions, etc... Bref, mène quantité d'actions qui, du terrain au plus haut niveau politique visent à influer sur la réglementation. Tout en se  démenant aussi pour faire oeuvre de pédagogie, en développant également des sessions éducatives sur la problématique des déchets aquatiques, accessibles au grand public comme aux scolaires. Et ce, dans toute l'Europe.

L'interdiction des bâtonnets en pastique des cotons-tiges

L'interdiction des sacs plastiques en France, on la doit en grande partie à l'efficacité du lobbying de Surfrider. L'ONG ne veut pas s'arrêter là et milite aujourd'hui pour "l'interdiction des bâtonnets de cotons-tiges en plastique d'ici 2018", via l'adoption d'un amendement introduit dans la loi biodiversité, qui doit faire un ultime passage devant l'Assemblée en mai. "Ces bâtonnets sont trop fins pour les systèmes de filtres dans les stations d'épurations et font partie des 10 items que l'on retrouve le plus sur les plages", révèle la fondation.

L'océan, poubelle des temps modernes

Chaque jour, 8 millions de tonnes de déchets finissent dans la plus grande poubelle des sociétés modernes : l’océan. Étouffement de mammifères et d'oiseaux marins, asphyxie et intoxication des océans par des substances chimiques qui se retrouvent dans la chaine alimentaire, cette pollution a de nombreuses conséquences néfastes sur l’environnement et menace l'avenir de la planète et de l'humanité. Seule une réduction à la source des emballages et objets en plastique jetables permettra de lutter durablement et efficacement contre la catastrophe en cours: à la différence du carton ou du bois, les matières plastique mettent des centaines d'années à disparaître.

Cathy Lafon

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