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People - Page 12

  • Bio-pipole."Queen Viv" au secours de la planète

    viv.jpgRebelle un jour, rebelle toujours

    Quand on y réfléchit deux secondes, il n'y a finalement rien d'extraordinaire à cela, c'est le cours naturel de l'Histoire : Vivienne Westwood, la reine anglaise de la mode punk au siècle dernier, a embrassé au XXIème siècle la cause de l'écologie. Et comme la rebelle de 71 ans ne fait jamais rien à moitié, elle est devenue l'une des pasionaria pipole de l'environnement les plus en vue de la planète verte VIP, aux côtés de Marion Cotillard, Pamela Anderson, Sylvie Guilhem... Que de très belles personnes.

    Après avoir passé la plus grande partie de sa vie à servir la cause de la beauté des femmes, au travers de la mode, "Queen Viv, comme on la surnomme outre-Manche se préoccupe dorénavant de la beauté de la nature, de la planète et du bien-être de l'humanité. Et y a du boulot !

    La plus punk des couturières, annoblie par la reine, a les pieds sur terre et elle sait fort bien que la réussite passe aussi par l'argent et la médiatisation. En janvier 2012, elle a versé 1 million de livres sterling (1,26 million d'euros) à l'association Cool Earth pour la sauvegarde de la forêt amazonienne. Fin mai, quelques jours avant le jubilé de diamant de la reine, à Londres, elle montait à l'assaut des Chambres du Parlement, accompagnée de l'actrice américaine Pamela Anderson et de quelques mannequins pour faire entendre sa voix. Et en ce début juillet, à la veille de l'ouverture des Jeux olympiques de Londres, elle a dessiné des T-shirts dont la vente doit venir en aide aux réfugiés climatiques, et à l'organisation Environmental Justice Foundation (EJF). Selon elle, quelque 38 millions de personnes seraient concernées.

    "Les mannequins en muses au service de la planète "

    Vivienne.jpg

     

    "La mode me sert de caisse de résonance : je mets des slogans sur mes vêtements, mais je rêve de transformer les mannequins en muses au service de la planète ", a-t-elle confié au Monde, le 17 juillet. Et la voilà qui fait le buzz sur le web fashion-addict, avec un blog dont le titre annonce d'emblée la couleur : "Get a life".

    Son aiguille et son dé magiques ne suffiront sûrement pas à eux seuls à réparer les outrages subis par Dame Planète, comme ils le savent si bien le faire pour les femmes coquettes qui en ont les moyens. Mais ses petits points géniaux vont contribuer utilement à réparer quelques accrocs... en mode ultra-couture. La grande classe.

    Cathy Lafon

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    "Queen Viv" veut sauver la planète, Le Monde 17 juillet 2012

     

  • Fil vert. Galère ordinaire de l'écologie : une nouvelle Bricq tombe du Batho France

    gouvernement,ministre de l'ecologie,remaniement,exploitation pétrolière,mines

    Nicole Bricq, photo AFP

    Il y a des jours où l'écolo de base regrette de s'être levé(e). Entre nous, c'est souvent. Et c'est encore le cas ce vendredi 22 juin, où les mauvaises nouvelles s'amoncellent pour l'écologie et l'avenir de la planète, dès le bouton de la radio poussé, le journal ouvert et l'ordi connecté.

    Allons y pour la galère du jour. En vrac : un sommet de Rio pitoyable, qui serait un échec sur toute la ligne, un Dany Cohn Bendit plus méchant que grognon, qui se répand tous azimuts dans les médias en attaques vindicatives contre ces écologistes "arrivistes", pourtant à peine entrés au gouvernement et à l'Assemblée. Attaques dont on se demande bien en quoi elles pourraient soulager le sort de la planète et à qui elles peuvent bien profiter. Sans compter qu'avec 2,5 % à la présidentielle, faire profil bas en considérant s'en être tiré au mieux afin de travailler concrètement au service de l'écologie, était le minimum de décence qu'on pouvait attendre d'EELV après une aussi rude séquence électorale.

    Exit Nicole Bricq :  tombée au champ d'honneur des mines de l'exploitation pétrolière ?

    gouvernement,ministre de l'ecologie,remaniement,exploitation pétrolière,minesMais la journée ne fait que commencer ! Pour couronner le tout, on apprend que la toute nouvelle ministre de l'Ecologie, de l'Energie des Transports et du Développement durable, Nicole Bricq, qui avait reçue pour ses compétences écolos la bénédiction du monde associatif environnemental et pour, faire court, de tout le petit peuple vert, se retrouve évincée de son poste pour prendre en charge celui du Commerce extérieur...  Voilà, on nous l'avait bien dit, c'était trop beau pour être vrai : une ministre à la feuille de route quasi éco-exemplaire, a ce premier acte incroyable de mettre un frein aux appétits des explorateurs pétroliers qui ne prennent pas en compte de façon satisfaisante les problématiques d'environnement, en gelant temporairement, le 13 juin, les permis de recherches de Shell en Guyane et en classant parmi ses priorités la réforme du Code minier français de 1956, issu d'une loi de 1810, afin d'intégrer la nouvelle donne de la protection environnementale... Dossier repris en main une semaine plus tard par le premier ministre Ayrault (au gosier peut-être encombré d'un certain aéroport de Notre-Dame-des-Landes) qui désavoue Nicole Bricq en donnant au préfet de Guyane l'autorisation de signer les arrêtés préfectoraux permettant la relance des travaux.  A peine aux manettes, Bricq est déjà débarquée. La nouvelle prend de court tout le monde, y compris semble-t-il l'intéressée, justement au travail à Rio... Trop écolo, Nicole ? Le comble du mauvais goût. En plein sommet de Rio, confier le ministère de l'Ecologie à une spécialiste de la sécurité, Delphine Batho (photo ci-dessus), plutôt qu'à une spécialiste de la fiscalité environnementale est d'un bien meilleur effet.

    Les écolos ont à peine eu le temps de commencer à rêver leur lune de miel avec Nicole Bricq sur une planète plus verte, qu'elle est déjà terminée. Va-t-on demander aussi à Stéphane Le Foll de renoncer à interdire le Cruiser, pour ne pas contrarier les lobbyes de l'agriculture intensive ?

    Oui, s'il n'avait pas une planète à sauver, il y a vraiment des jours où l'écolo aurait bien envie de se recoucher. Au lieu de quoi, il (elle) se contente de chanter avec Amadou et Mariam, "Y a des jours de malheur, y a des moments de panique, des moments de lassitude... La galère, personne veut la vivre ... mais, oh Amadou, tu n'as pas le choix, oh Amadou, c'est plus fort que toi... ".

    Cathy Lafon

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  • Culture. Cher Gabi, Bordeaux te dit adieu...

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    Gabi Farage, photo DR Bruit du Frigo / Pola

    "Ma Planète" a eu la profonde tristesse, vendredi dernier, d'apprendre la disparition brutale de Gabi Farage, plasticien, architecte de formation, co-directeur du collectif artistique Bruit du frigo et co-fondateur de la Fabrique Pola, à Bordeaux. C'est inconcevable. Gabi nous a quittés, le 24 mai 2012. Il avait 41 ans.

    Toujours "co", jamais "solo"...

    Sur internet, et dans les archives de "Sud Ouest", on trouve peu de photos de Gabi, et rarement tout seul. Il a pourtant tant créé et tant donné durant 15 ans, à Bordeaux, à l'agglomération bordelaise et à tant d'autres territoires en France, où il a insufflé avec Yvan Detraz et Bruit du Frigo "une façon nouvelle, buissonnière, créative et ouverte d’aborder l’urbanisme et l’architecture." Avec "des projets basés sur la rencontre et le lien entre tous, habitants, artistes, architectes, collectifs et collectivités. Des projets toujours volontairement accessibles". Des projets pour fabriquer au quotidien ce fameux "vivre ensemble", tellement à la mode, mais dont si peu se soucient vraiment d'inventer la clé.

    Une telle richesse, et si peu d'images personnelles en héritage ? L'explication est simple : "Gabi Farage était toujours «co», jamais «solo»", selon les mots tellement justes de ses coéquipiers de Bruit du Frigo. Le plus bel hommage à rendre à cette grande figure de la scène culturelle bordelaise et nationale, un intellectuel dans le plus beau sens du terme, un acharné du travail "collaboratif" qui se mettait si peu en avant.

    ... et toujours "développement durable"

    Comité d'orientation 27e Région (laboratoire de transformation publique des Régions de France)

      Gabi Farage - Evaluations des résidences 2010

    Ajoutons que Gabi était aussi toujours "développement durable", et avait enraciné au plus profond de ses pratiques culturelles, urbanistiques et architecturales, les valeurs même de l'écologie. Car la culture, on aurait tort de l'ignorer, est bel est bien le quatrième pilier du développement durable, avec l'environnement, l'écononomie et le social. L'écologie, c'est aussi la démocratie culturelle, la médiation, l'évaluation, l'économie solidaire, le re-cyclage (avec le travail sur les friches urbaines et les quartiers délaissés), l'éducation populaire, la co-construction de projets durables, culturels et artistiques. Au risque de dérouter plus d'une fois ses interlocuteurs, même les plus acquis à sa cause et à ses valeurs, pour Gabi Farage, un projet culturel n'avait de sens qu'à la seule condition d'être "réellement" partagé et construit avec les gens. Les habitants. Ceux du quartier. Avec tout le temps nécessaire. Un "réellement" vraiment pas simple...

    Des expérimentations artistiques exigentes et abordable par tous

    Les Ateliers d'urbanisme utopiques, les Lieux possibles, les Jardins éphémères, qui ont fait des émules partout en France, le Jardin de ta soeur, le refuge le Nuage, le Braséro... A Bordeaux, on se souvient avec bonheur des expérimentations et réflexions autour de l'urbanité dont le Bruit du Frigo est à l'origine, "à la fois exigentes et abordables par le grand public". Une double exigence qui reste la marque de fabrique de Gabi Farage et de son collectif.

    Une dimension nationale

    necrologie,bordeaux,aquitaine,agglomération bordelaisePeu de Bordelais le savent, Gabi était nationalement reconnu. Né à Orléans en 1970, diplômé de l'Ecole nationale d'architecture de Bordeaux, il avait choisi de vivre dans la capitale de l'Aquitaine et d'y travailler. Pas assez à son goût : son activité professionnelle l'amenait à se déplacer constamment aux quatre coins de la France. Il était ainsi dernièrement pleinement engagé sur des projets à Marseille et à Vitrolles dans le cadre de Marseille Provence capitale européenne de la Culture 2013. Le travail de Bruit du Frigo venait aussi d'être retenu par l'exposition européenne Re-architecture, inaugurée à Paris le 12 avril, autour des nouvelles fabriques de la ville européenne et de l'"architecture durable". Le collectif de Gabi Farage fait en effet partie des quinze équipes européennes invitées au Pavillon de l'Arsenal. Parmi les quinze, six sont françaises. Sur les six, deux seulement ne sont pas parisiennes. L'une, bordelaise, n'est autre que Bruit du frigo, retenu pour l'atelier d'urbanisme utopique le Braséro, initié à Bordeaux dans le cadre du dernier Evento (2011) dont Gabi était co-commissaire, dans le quartier de la Benauge et avec ses habitants.

    Un grand trou au fond du coeur

    Gabi, c'était aussi la Fabrique Pola, projet qui vu le jour en 2000, à Bordeaux et qu'il a longtemps porté en dépit de nombreuses difficultés. Ce projet de "fédération artistique, sociale et solidaire, véritable espace de créations et de désirs collectifs", destiné à accompagner et fédéré les artistes, il l'a soutenu avec toute sa ténacité, "l’énergie et la passion qui l’animaient". Pour ces qualités-là, on aimait Gabi. Mais aussi pour sa créativité, son intégrité, son talent, son exigence incessante et sa fragilité, toujours sous-jacente. On le sentait sans cesse inquiet et en recherche, même dans les grands moments de réussite collective. A chaque rencontre avec lui, on était frappé par sa générosité, sa richesse humaine et sa probité intellectuelle, jointes à une énorme capacité de travail, incessant. Mais aussi, trop souvent, on sentait comme une amertume, une douleur qui durcissait soudain le propos. Mélange de douceur et de dureté. Tellement "pur" et clair, Gabi... A chaque rencontre, on risquait aussi la remise en question...

    La disparition de Gabi Farage, c'est un sacré choc, un grand vide dans l'espace éco-culturel bordelais, régional et national et, surtout, un grand trou au fond de nos coeurs. Il laisse dans un profond désarroi celles et ceux qui l'ont connu et ont eu la chance de travailler avec lui. A quelque niveau que ce soit.

    Cathy Lafon

    Fabrique Pola. Contact : 8 rue Corneille, 33300 Bordeaux (France). 05 56 37 96 04

    Le Bruit du frigo :

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