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Sciences : un réchauffement climatique en dessous de 1,5°C, seul moyen de sauver la banquise... et la planète ?

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Un ours polaire teste la solidité d'une couche de glace, le 13 septembre 2016 dans l'Arctique - Photo AFP

Limiter le réchauffement planétaire à +1,5°C par rapport au niveau de la Révolution industrielle, objectif sur lequel la communauté internationale s’est accordée à Paris, fin 2015, permettrait de sauver la banquise de l’Arctique, estime une étude parue le lundi 6 mars dans la revue Nature Climate Change. La fonte des glaces réduirait alors la banquise en été à environ 2,9 millions de km2 (entre 2,5 à 3,4 millions).

En revanche, si le mercure planétaire grimpait de 2°C, la banquise n’aurait plus que 60% de chance de survie l’été, ajoutent les chercheurs, James Screen et Daniel Williamson, de l’Université d’Exeter (Grande-Bretagne). L'Arctique serait libérée de ses glaces estivales et la banquise tomberait alors à environ 1,2 million de km2.

Une nette tendance au recul

Pour leurs recherches, ces mathématiciens ont utilisé les statistiques de fonte et d’étendue de la banquise sur ces dix dernières années, couplées à des modèles de températures. En année moyenne, ces derniers temps, les glaces arctiques couvrent environ 5 millions de km2 l’été et 14 millions l’hiver. Les chercheurs ont mis en évidence une nette tendance au recul, avec un record de 3,41 millions de km2 de surface seulement en 2012. En 2016 encore, la région a connu ses douze mois les plus chauds depuis le début des relevés en 1900, entraînant une fonte sans précédent et retardant la formation de glace à l’automne. De nouvelles données, portant cette fois sur l’âge des glaces qui la constituent, ont ajouté encore aux inquiétudes des scientifiques quant à sa capacité à survivre au réchauffement climatique.

Il faut revoir à la hausse les promesses de l'Accord sur le climat de Paris

La bonne nouvelle pour la banquise (et l'avenir de la planète), c'est qu'en décembre 2015, les pays ont pris à Paris des engagements pour réduire le boom des gaz à effet de serre — issus largement de la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) - afin de maintenir le réchauffement "bien en-deçà de 2°C", et à poursuivre l'"action menée pour le limiter à 1,5°C". Mais la mauvaise, c'est qu'à ce stade, ces promesses sont dores et déjà insuffisantes, souligne aussi l’étude scientifique publiée ce lundi.

Si elles ne sont pas revues à la hausse, il y a 75% de chances pour que l’Arctique se retrouve en été sans glace, d'ici le milieu du siècle. Autrement dit, demain. Or, dans l'écosystème Terre, la banquise est essentielle à la survie d'une multitude d’espèces vivantes. Cette surface blanche glacée, un gigantesque frigo qui joue le rôle de climatiseur de la planète, contribue aussi à freiner le réchauffement en renvoyant le rayonnement solaire vers l’espace, et empêche la chaleur de l’océan de tiédir l’air.

Si on ne fait rien pour la déprogrammer, la disparition en cours de la banquise aura des conséquences importantes sur le climat et sur la biodiversité, difficiles pour les scientifiques à anticiper et à modéliser, mais vraisemblablement cataclysmiques.

Cathy Lafon

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