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  • Planète vidéo. Un film pour prendre en compte la biodiversité dans la gestion de la forêt

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    La forêt en Charente-Maritime Photo DR

    Prendre en compte la biodiversité dans la gestion au quotidien de la forêt ? Même si c'est une préoccupation du monde forestier, cela ne coule pas de source. D'où la bonne idée de la région Poitou-Charentes : et si on réalisait un film pédagogique sur le sujet ?


    Prise en compte de la biodiversité en gestion... par marc_crpf

    Conserver le lierre, le bois mort...

    Ce film de 10 minutes a été réalisé en région Poitou-Charentes, durant l'été 2013. Destiné à la formation des propriétaires forestiers, notamment lors de réunions d'information et de stages FOGEFOR (Formation à la Gestion Forestière), il démontre que la biodiversité dite "ordinaire", celle du lierre, du bois mort et des milieux naturels associés à la forêt, peut de manière très simple et non coûteuse, non seulement être conservée, mais encore améliorée.

    "Avoir plusieurs essences, est une bonne chose"

    Le film explique simplement et clairement comment et pourquoi il est important prendre en compte la biodiversité végétale, mais aussi animale, dans la gestion forestière, avec le témoignage de propriétaires forestiers, de techniciens du Centre Régional de la Propriété Forestière Poitou-Charentes, d'une coopérative forestière, d'un expert forestier, etc. Il présente également "l'indice de biodiversité potentielle" (IBP), un outil simple et rapide pour évaluer la capacité d'accueil d'un peuplement forestier pour les êtres vivants (plantes, oiseaux, insectes...), et pour diagnostiquer les points d'amélioration possibles lors des interventions sylvicoles.

    L'écologie et l'économie sont intimement liées, dans un plaidoyer pour une gestion forestière véritablement multifonctionnelle, seule garante de la capacité des peuplements forestiers à s'adapter.Ce mini-documentaire intéresse aussi le grand public et tous les amoureux de la forêt.

    Cathy Lafon

    PLUS D'INFO

    • Le Portail des forestiers privés: cliquer ICI
    • Le site du Centre régional de la Propriété forestière de Poitou-Charentes : cliquer ICI
  • Jeux olympiques 2014 : pourquoi Sotchi ne rime pas avec écologie

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    Le président russe Vladimir Poutine pose avec deux enfants à la station de ski de Sotchi, Krasnaïa Poliana, sur les bords de la mer Noire, le 5  janvier 2007. Photo AFP

    Environnement, forêt, biodiversité, eau, transports : de nombreuses associations russes mettent en cause la construction des infrastructures dédiées aux Jeux olympiques d'hiver 2014, qui ont causé, selon elles, de nombreux dégâts écologiques à Sotchi. Tour d'horizon des principaux griefs des écolos.

    La neige à prix d'or

    Tout d'abord, organiser les Jeux olympiques d'hiver dans une station balnéaire, à l'heure du réchauffement climatique, il fallait oser. Poutine a relevé le défi en proposant Sotchi. Située sur les bords de la mer Noire, avec les montagnes du Caucase en arrière-plan, Sotchi, un lieu de villégiature estival où poussent les palmiers, ne disposait que d'une petite station de ski, Krasnaïa Poliana. Température moyenne sur le site en février 2013: 8°C... D'où la nécessité de constituer d'énormes réserves de neige, pour permettre aux skieurs de skier, juste au cas où... Près de 700.000 m3 de neige, naturelle et artificielle, ont ainsi été stockés en 2013, et entassés en quatorze "collines", à plus de 1.100 mètres d'altitude.  Les sept premières "collines de neige" auraient coûté l'équivalent de près de 5,5 millions d'euros.

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    Vue aérienne du parc olympique de Sotchi 2014 Photo AFP

    Des travaux pharaoniques dans une région au riche patrimoine naturel

    Le coût des Jeux de Sotchi est estimé à environ 50 milliards de dollars. En 6 ans, ce sont près de 36 milliards d'euros qui ont été investis dans la ville et dans la station de Rosa Khutor, où doivent se dérouler les épreuves de ski alpin, de bobsleigh, de ski de fond et de saut à ski. Si certains bâtiments de la vieille ville étaient déjà en place, c'est une ville olympique qui est pratiquement sortie de terre, avec son aéroport, deux gares ferroviaires, 200 km de voies ferrés, 400 km de routes et 77 ponts. Mais aussi 12 tunnels, des stations de ski, trois villages olympiques, cinq patinoires géantes et de nombreux immeubles... Impossible d'imaginer que tout cela puisse se faire sans aucun impact sur l'environnement. En Russie comme ailleurs, pour les écologistes, la question n'est pas d'interdire par principe les projets d'infrastructure, mais de les mener à bien sans qu'ils s'avèrent désastreux pour l'équilibre écologique des territoires concernés et la vie de leurs habitants. Dans le cas de Sotchi, les travaux menés tambour battant ont fait fi de toutes les problématiques environnementales.

    Première victime : la forêt

    Pour construire "Sotchi JO 2014",  il a fallu abattre entre 2.000 à 4.000 hectares de forêts :  un sacré choc pour la biodiversité animale et végétale locale. Selon la WWF, l'organisation mondiale de protection de la nature, les organisateurs se sont "à peine occupés" de l'impact sur les espèces animales.

    akhchtyr-un-village-sacrifie-a-la-cause-olympique.jpgLe cas d'Akhchtyr, le village sacrifié

    De même qu'un pan entier de la ville de Sotchi a dû être rasé et de nombreux habitants déplacés, un petit village situé sur les hauteurs de la station balnéaire, au bord de la rivière Mzymta, a été lourdement affecté par le chantier dantesque. Depuis 2008, les travaux pour relier le site olympique à Krasnaïa Polïana ont  ainsi privé le village Akhchtyr d’eau et de route (photo AFP ci-dessus), en laissant l’impression aux habitants d’avoir été sacrifiés.

    Histoire d'eau

    Située sur les premières hauteurs du Caucase, Akhchtyr a d’abord vu sa vie bouleversée avec la construction de la ligne ferroviaire de 48 km et de la voie rapide entre le centre olympique de Sotchi, au bord de la Mer Noire et les pistes de ski. « Les constructions olympiques ont laissé le village sans approvisionnement en eau depuis plus de cinq ans et privé les habitants des transports publics et d’autres services », rapporte l’ONG Human Rights Watch (HRW). Pour les habitants, le début des travaux a coïncidé avec le début de leurs problèmes avec l'eau. Akhchtyr n'avait pas l'eau courante, mais des puits. Les travaux ont détruit les sources souterraines et les quantités d'eau apportée désormais par camions citerne est insuffisante pour couvrir les besoins élémentaires et pour arroser les potagers, sources de nourriture et de revenus pour habitants.

    Expropriations sans indemnisations

    A Akhchtyr, seules deux des huit familles expropriées ont été indemnisées. Quant aux bénéfices de la nouvelle route, la population locale peut faire une croix dessus : la voie rapide ne dessert pas Akhchtyr, comme initialement prévu. Pire, elle coupe l’ancienne route et prive les 52 foyers de transports publics. Un tunnel permet bien aux habitants de passer sous la voie ferrée, mais rien n’a été prévu pour traverser la grande route. Si l'on a une voiture, il faut maintenant une heure pour atteindre Sotchi, en passant par la montagne... Un vrai progrès.

    evgueni.jpgLa "légère insolence" des écolos

    Les dégâts causés à l'environnement par les Jeux de Sotchi, c'est justement ce que dénonce dans un rapport Evgueni Vitichko (photo ci-dessus). Or, en Russie, si l'on peut badiner avec l'écologie, pas question d'agir de même avec les Jeux. Par un étrange hasard, le lundi 3 février, le militant écolo a été condamné à quinze jours de détention à Touapsé sa ville natale, un petit port à une centaine de kilomètres au nord de Sotchi. Pour quel délit ? Selon la presse russe, l'écolo s'est rendu coupable d'une « légère insolence » (délit prévu à l'article 20.1 du code pénal russe) qui lui a valu le maximum prévu par la loi. En attendant l'autobus, Evgueni Vitichko aurait lâché une bordée de jurons, ce qui aurait choqué l'un de ses concitoyens au point de l'inciter à porter plainte. Archaïsme exotique ou règlement de compte destiné à faire taire les écolos ? Si l'on en croit l'explication donnée au journal Le Monde par Evguenia Tchirikova, la pasionaria de l'écologie russe, la deuxième option serait la bonne: "Il s'agit d'une affaire totalement fabriquée... Cette histoire en dit long sur la détermination des autorités à faire taire les écolos. Ces Jeux ne sont pas une fête populaire, plutôt une malédiction ", conclut-elle.

    jeux olympiques,infrastructures,ski,sports d'hiver,poutine,forêtLes écolos dans le collimateur de Poutine

    Quoiqu'il en soit, pour le géologue et membre de l’association régionale de défense de l’environnement du Caucase du Nord, cette condamnation n'est pas la première. Evgeni Vitichko a déjà été condamné le vendredi 20 décembre dernier à trois ans de camp pour "atteinte aux biens". Selon Amnesty international, "ses défenseurs estiment que les charges pesant sur cet homme n’ont aucun fondement et sont motivées par des considérations politiques". On lui a en effet reproché, avec un groupe de militants écologistes, d'avoir causé des dommages à une clôture en tôle ondulée dressée dans une zone forestière protégée, en l'ouvrant en partie et en y écrivant des slogans comme : « La forêt est pour tout le monde ».  Un vrai scandale... 

    Vladimir Poutine a voulu faire des olympiades d'hiver 2014 une véritable tribune politique pour redorer son image et celle de la Russie. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il n'aura pas la médaille d'or du développement durable.

    Cathy Lafon

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  • Biodiversité : c'est le grand inventaire de la forêt amazonienne

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    Vue aérienne de la foret amazonienne au Brésil. Photo DR

    Combien d'arbres compte la forêt amazonienne ?  Langue au chat  ? 390 milliards d'arbres de 16.000 espèces, ni plus, ni moins, selon le premier recensement effectué par les scientifiques sur  la plus grande étendue forestière tropicale au monde. L'étude a été publiée le 18 octobre dernier dans la revue "Science", au terme d'un travail de recherche qui aura duré dix ans.

    Very big job. D'autres chiffres : pour répondre à cette question cruciale pour la biodiversité amazonienne mais aussi donc mondiale, 143 experts, dont six français, réunis dans le réseau ATDN (Amazon Tree Diversity Network) venus de 88 institutions dans le monde, ont contribué à faire 1.170 inventaires sur autant de parcelles, afin de couvrir l'ensemble du massif forestier sud-américain. 

    Encore un autre chiffre : il y a 55 fois plus d'arbres adultes dans ce territoire, qu'il n'y a d'êtres humains sur la planète...

    Enfin un dernier pour la route, afin de bien prendre la mesure de l'ampleur du travail des scientifiques  : l'étendue du bassin de l'Amazone correspond à la taille des 48 Etats américains mis côte à côte...

    carte foret amazonie.jpgLa fin du trou noir

    La vastitude du territoire concerné et les difficultés du terrain avaient restreint jusqu'alors le recensement des arbres du poumon vert de la planète, qui couvre neuf pays (Brésil, Pérou, Colombie, Guyane française, Suriname, Bolivie, Vénézuela, Guyana, Equateur). Pour les membres des équipes du projet, le manque d'informations élémentaires sur le plus grand peuplement forestier tropical au monde, et sur le reste de sa flore, nuisait aux efforts de conservation de la flore amazonienne. "Le plus grand puits tropical de dioxyde de carbone de la planète était un trou noir pour les écologistes et les conservateurs qui ne pouvaient pas savoir quelles espèces d'arbres risquaient le plus de disparaître", note Nigel Pitman, un scientifique du Field Museum, le Musée d'histoire naturelle de Chicago, un des auteurs de cette inventaire forestier. Un manque crucial comblé.  "Désormais les espèces les plus courantes d'arbres en Amazonie sont identifiées et quantifiées" relève Hans ter Steege, un chercheur au Centre Naturalis Biodiversity aux Pays Bas, auteur de ces travaux, qui précise que les informations recueillies sont "très utiles pour mener des recherches supplémentaires et pour les décideurs politiques".

    foret amazonie.jpg6.000 espèces d'arbres rares potentiellement menacés d'extinction

    Cette forêt n'est finalement pas plus touffue que nos forêts françaises. Selon les scientifiques qui ont dénombré, mesuré et cartographié sur le terrain près de 700.000 arbres, avant de passer leurs données à la moulinette de la statistique, elle compte 500 arbres par hectare en moyenne. Selon le modèle mathématique utilisé dans cette recherche, les trois-cinquièmes des espèces représentent seulement 0,12% du nombre total d'arbres : l'Amazonie compterait donc environ 6.000 espèces d'arbres rares, représentées par moins de mille individus vivants, ce qui les met en danger d'extinction selon les critères de  l'International Union for Conservation of Nature (IUCN). Autre précision, la moitié des arbres de la forêt amazonienne appartiennent à seulement 227 espèces et les plus courantes d'entre elles, dites "hyper-dominantes" ne comptent que pour 4% de la forêt totale amazonienne.

    Anticiper les conséquences du réchauffement climatique

    La pression des activités humaines a déjà fait perdre à la forêt amazonienne près du cinquième de sa superficie en moins de cinquante ans et le réchauffement climatique en cours pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur le poumon de la planète. Selon les auteurs de l'étude : la surabondance des essences observées présente un avantage : leur étude devrait permettre de mieux anticiper la réaction de la forêt au changement climatique.

    Cathy Lafon, avec l'AFP

    PLUS D'INFO

    • "Hyperdominance in the Amazonian Tree Flora",  article publié dans la revue Science le 18 octobre 2013 : cliquer ICI
    • Le réseau ATDN : cliquer ICI